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PISSENLIT

by Antoine Corriveau

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1.
Quelqu'un 04:17
Je n’ai jamais été quelqu’un D’entre les visages, venu Des profondeurs de la raison Du calme et de la crevaison De la ferraille dans le fossé C’est là que tu m’avais trouvé Le corps pesant, la tête blanche J’étais arrivé en avance Je n’ai jamais été quelqu’un Qu’on ramassait dans le ruisseau Le disparu de l’an dernier Qu’on n’espérait plus retrouver L’évadé sur les poteaux Qui garde la tête hors de l’eau Pour gagner un peu de terrain Et te défigurer demain Je n’ai jamais été quelqu’un À l’étalage, parvenu Sans ecchymoses, à l’avant-garde Avant le retour des outardes Aux funérailles de ma mère Tu as allumé la lumière Sur mes mains aux veines tendues J’étais déjà revenu Je n’ai jamais été quelqu’un Que l’on traînait sur son dos Les jambes brûlées, lourdes et bleues Qui te relève en plein milieu Le réfugié, qui dans tes bras A menti pour arriver là Puis gagner un peu de terrain Et te défigurer demain.
2.
Maladresses 01:59
Je ne reste jamais Très longtemps Au même endroit Au même endroit Je ne reste jamais Aussi longtemps Qu’on m’aimerait là Qu’on m’aimerait là Ça compte pour les adresses Ça compte pour les maladresses Ça compte pour les adresses Ça compte pour les maladresses Je ne reviens jamais Vraiment Où a coulé mon sang Où j’ai perdu mon temps Je ne reviens jamais Vraiment Là où tu m’attends Là où tu m’attends Espérant ton repère Tâtonnant dans le noir Pour trouver ma main Où elle a déjà été Peut-être je prends la fuite Et peut-être que j’évite De laisser tes yeux voir Tous ces pans de moi Ça compte pour les adresses Ça compte pour les maladresses Ça compte pour les adresses Ça compte pour les maladresses Je ne reste Jamais Vraiment ce que j’étais Vraiment ce que j’étais.
3.
Maison après maison Il n’y en aura plus une avec la lumière allumée Maison après maison Plus aucune debout après que je sois passé Maison après maison Je fais ma ronde habituelle Je m’en vais demander pardon C’est le soir des poubelles Derrière chacune des portes Que j’ai refermées Sur les amours mortes Que j’ai contournées Le printemps à son tour Revenait tout le temps Mais il me faisait toujours Un peu plus mal qu’avant Rien ne bougera pourtant Si je retourne voir Les enfants seront grands Et moi je serai mort Maison après maison Plus aucune debout après que je sois passé Je laisse derrière moi Les clés sous le tapis La rumeur de ma voix Qui s’évanouit Sur la plaquette en bois Au poteau, accroché Mon nom dehors, qui bat Au vent dans le danger Tous les taxis Ferment leur lumière bleue Je lève encore le bras Et j’espère que l’un d’eux Va s’arrêter pour moi Maison après maison Il n’y en aura plus une avec la lumière allumée Maison après maison Il n’y en aura plus une ouverte à l’année Maison après maison Plus aucune debout après que je sois passé
4.
Albany 03:32
Sur la 87 vers Albany À la sortie pour Lewis En arrivant du Nord Ne roules pas trop vite Et tu pourras la voir La première maison à l’abandon Il y a deux portes devant L’une d’elles est ouverte Et l’autre n’est pas verrouillée Tu n’y trouveras pas grand chose Quelques bouts de carton Recouvrent ce qu’il reste de plancher Et partout autour Que cet alphabet Je ne saurai pas Ce qu’il racontait Je ne saurai jamais Et si depuis moi Personne n’y est passé Tu trouveras encore Rassemblés dans le placard Des centaines d’exemplaires Du même jour dans le journal Je ne sais pas c’est quand C’est écrit en Arabe Et sur la cheminée Tu trouveras aussi des livres Ils seront tous signés De la même main Aucune réponse de plus Aucune note, aucune trace Je crois que toi non plus Tu n’y trouveras rien Et partout autour Que cet alphabet Je ne saurai pas Ce qu’il racontait Je ne saurai jamais Le poste de police Est juste à côté Je n’ai pas osé Avec mon auto Stationnée dans l’entrée Immatriculée K98 NYD Je ne suis pas d’ici Et vous le savez Ne va pas mourir, indiscret En fouillant dans les affaires Ne va pas salir Les affaires étrangères De celui, qui, on s’en doutait Avait quelque chose à cacher Pour que quelqu’un soit venu D’aussi loin pour le chercher Et partout autour Que cet alphabet Je ne saurai pas Ce qu’il racontait Je ne saurai jamais
5.
Un arbre 01:49
Sous l’arbre presque mort À qui il ne reste Que quelques branches vertes Qui tendent vers le ciel Au début du mois de juin J’étais seul en silence avec lui Quand j’ai entendu Les mots de tous ceux Qui se sont étendus À l’ombre de son feuillage d’avant Se batailler le Nord Pour essayer de vivre plus longtemps En cherchant sans savoir Lequel des deux est encore vivant Et lequel est mort Brûlé vif au soleil J’ai senti se poser Sur moi toutes les mains S’étant posées sur lui Celles des hommes et des femmes Qui ont déjà été en vie Se batailler mon corps Cherchant à vivre encore Comme les couleurs sur ce territoire Qui se sont de plus en plus rares
6.
Je suis dans l’immeuble d’en face Quelques étages plus haut que toi Je retrace Ton parcours avant qu’il ne s’efface Tu reviens encore sur tes pas Ce sera la dernière fois Léger, léger comme l’air Tu fais ta prière Cheap cheap cheap Tu n’es plus dupe de rien Mais tu es encore là quand même Tu retiens Une mèche de tes cheveux dans tes mains Tu es le seul qui la regarde Et qu’elle regarde en même temps Presque nue à la fenêtre Et la vie devant Cheap cheap cheap Cheap cheap cheap Tu regardais derrière ton dos Tu revenais sans dire un mot T’avais besoin d’une cigarette T’as demandé une allumette Venue des mains qui ont touchées Le corps d’une fille que t’as croisé Un cul parfait dans un tissu cheap cheap cheap Toi tu fumais et tu feelais cheap cheap cheap Moi je pissais dans l’urinoir Près du guichet dans le gaz bar J’ai vu ta main sur le granit Et ton reçu flobbé trop vite T’avais besoin d’une cigarette T’as demandé une allumette Venue des mains qui ont touchées Le corps d’une fille que t’as croisé Un cul parfait dans un tissu Cheap cheap cheap Toi tu fumais et tu feelais Cheap cheap cheap
7.
Peut-être 03:06
Et peut-être aussi Que cette maison Nous l’avions choisi Près de l’Océan Près du Fleuve Pour une raison D’une précision Certaine Et peut-être aussi Que cette fin annoncée Cette grande crue Ces glaciers disparus Ces eaux Qui nous auront terrassés Peut-être aussi Voulais-je m’en rapprocher Les regarde en face Et ne plus faire comme si Elles n’allaient jamais Nous trouver Et peut-être aussi Que je voulais voir Les rosiers, la terre La clôture et l’herbe Les vestiges de la piscine De béton à l’abandon La plage, le mur de pierre Et enfin la maison Partir avec nous Sans bruit Sans explication Peut-être aussi Peut-être Nos corps se charger De ces eaux profondes Glisser au sommet des falaises Dans l’obscurité Quand avec la mer La plus haute marée Se reconnaîtront Dans le bleu Une dernière fois Mes yeux Le ciel Cette maison Sans bruit Sans douleur Sans explication
8.
Kenny U-Pull 01:24
Au Kenny U-Pull, man You pull man! Septembre commençait à peine Et nous revenions de vacances Je n’avais presque plus une cenne C’était notre jour de chance Mes mains tremblaient sur le plastique Au beau milieu de la 10 Combien de chocs en une année Mon corps pouvait-il encaisser On a dévié, on a tordu On a plié, mais on a tenu Avec la peinture un capot avant Ça va chercher facilement 800 Ça fait qu’on est allés Au Kenny U-Pull, man You pull man! T’emmènes tes outils Pis quelqu’un qu’tu trust avec des outils Tu croises les doigts qu’ils aient le morceau Qu’il te faut Au Kenny U-Pull, man You pull man!
9.
Ils parlent 03:05
Et ils parlent pendant que j’attends Derrière le volant, à hauteur d’enfant Le bras à la fenêtre, la fenêtre baissée J’ai eu le vent pour moi, ça pouvait pas durer Ils mettent fin à tout ce qu’ils ont commencés Et ils sont toujours contents à la fin de la journée Le père de mon père dans le magasin général La transaction prend du temps, j’ai peur est-ce que c’est normal? Et ils parlent pendant que j’attends Qu’à la fenêtre disparaissent des femmes sans qu’ils en parlent Que les vapeurs de fort m’arrivent jusqu’ici La vieille haleine de mort de l’homme qui crie dans le bar Accroché à sa table, à demi-décodable Il me répétait toute la musique qu’il connaît « Du jazz, du blues, du country, du rock man he… du folklorique là he… du village… D’la guitare, d’la bass, d’la slap bass, des percussions, des drums, acoustique, électrique, YOU NAME IT! » Et ils parlent pendant que j’attends Je repense à l’Église, oh la table était mise Je me demande comment ont souffert mes parents Alors que juste devant une silhouette se détache Le père de mon père dans le magasin général La transaction prend du temps, j’ai peur est-ce que c’est normal? Le gars s’avance vers moi, ses yeux sont presque fermés Il me sourit mollement et il se met à crier : « GIVE ME A BOTTLE OF BEER! GIVE ME A BOTTLE OF BEER! GIVE ME A BOTTLE OF BEER! GIVE ME A BOTTLE! » Et ils parlent, font la leçon d’histoire Les colons sur la rive, le progrès qui arrive Ils survolent le sujet en un après-midi Les deux guerres et la paix; assez pour aujourd’hui Le policier qui passe, les yeux baissés qui cassent En route vers le parc pour y chasser le black Et pendant que j’attends ils répètent aux enfants Que l’indien est le méchant et la victime est le blanc
10.
Regarde mes os, regarde Ce sont les mêmes que les tiens Ils sont raides, ils sont blancs Ils sont vides par endroits Sourds autrement Solides et étroits À ma mort Si tu les veux, tu les prends Tu les tapes l’un sur l’autre Et le bruit, mon amour, le bruit Nos deux corps Feront la même mélodie Tinte le son de la gravelle Tout au long de la carrosserie Et endommage la peinture Petit à petit Regarde mes os, ma peau Elle est si fine qu’on les voit Tendus, prêts à la fendre Ils sont encore droits Fragiles et portant Les cicatrices des fractures À ma mort Si tu peux, tu les prends Tu les accroches à la voiture Et le bruit, mon amour, le bruit Nos deux corps Feront la même mélodie Tinte le son de la gravelle Tout au long de la carrosserie Et endommage la peinture Petit à petit Regarde mes os, regarde Ce sont les mêmes que les tiens
11.
Oh j’étais un romantique Je rêvais de sagesse, de lenteur Me faire soigner en Amérique Par une médecine à base de fleurs Les racines que je mangerai Mon retour à la terre Celle que j’avais défrichée Et retranchée, et retranchée En ligne habituée En ordre de grandeur Les sangs mélangés Vous donnaient mal au coeur On me décrira patiemment Moins animal et moins frette Je n’étais pas bien méchant Mais n’était pas fait pour les miettes Celles que je laisserai derrière Rangées dans mon testament Oh comme je repartirai fier La fin du monde au premier rang En ligne habituée En ordre de grandeur Les sangs mélangés Vous donnaient mal au coeur En Amérique On a tous du sang indien Si c’est pas dans les veines C’est sur les mains Flying in on a black crows back From west to east with wounds to heal I have always known my heartbeat But never what I am My body, my home, my future The everyday routine The kissing of the kissing The birthing of the children The asking without asking Does it matter that we’re dying? If not for you I could not say The past has grown into a tree That fades and blossoms with the seasons Grown, sustained and blinded Like a generation I let her roots dig deep in me I let her penetrate me To hear, to hear, to hear To see, to see, to see To be, to be, to be A mutual strain of memory A collective voice and melody Would I become a wind then? A being amongst beings A heart within a heart En Amérique On a tous du sang indien Si c’est pas dans les veines C’est sur les mains
12.
Disparition 03:45
Il est loin derrière déjà Le temps où tu étalais Sans couper dans le gras Tout le mal qu’on t’a fait La violence était de saison La honte se lisait sur les traits Arrivés à la conclusion Que personne est parfait Je me souviens de peu de choses Des couteaux longs comme ça « Si j’ose, si j’ose » Des couteaux longs comme ça « Si j’ose, si j’ose » Encore combien de fois? Elle est loin derrière aussi Ta mémoire bruyante Je dis à ceux qui passent ici Que tu es encore vivante L’année de ta disparition Ma voix dans son indécence Et toutes les déclinaisons De ton silence Je me souviens de peu de choses Des couteaux longs comme ça « Si j’ose, si j’ose » Des couteaux longs comme ça « Si j’ose, si j’ose » Mais tu oseras pas
13.
Je suis parti tuer le char dans les prairies Traverser le Canada de nuit Même si une Toyota Corolla Tu peux pas vraiment tuer ça J’espère que ça va arriver Quand j’aurai plus personne à dépasser Pour que tout le monde repasse à côté de moi Et pour qu’ils voient dans la fumée monter Un message qui dira que je suis désolé J’ai laissé les fenêtres du char grandes ouvertes Pour que l’on pille le peu de choses qu’il me reste Même si pour voler une 2002 Ça prend vraiment quelqu’un qui veut J’espère que ça va arriver Quand j’aurai encore du gaz à brûler Pour que tout le monde pense que ça valait la peine Et pour ne plus sentir le vide à mes côté Ni voir ta trace sur le siège passager Je finirai à pieds dans la nuit qui achève J’arriverai avant que le soleil se lève Et je m’endormirai sûrement sans trop attendre En espérant que mon message se rende J’espère que ça va t’arriver Quand y’aura plus rien en toi pour le nier Tu seras la seule à savoir que je t’aime encore Et quand tu reconnaîtras l’auto volée Tu sauras que j’attends ici que tu viennes me chercher

about

Textes et musique : Antoine Corriveau
À l'exception de « Les sangs mélangés » texte avec Erika Angell & Eric Plamondon

Réalisation : Antoine Corriveau

Arrangements : Antoine Corriveau, Marc-André Landry, Simon Angell, Stéphane Bergeron avec la collaboration des musiciens invités - incluant l'échantillonnage libre d'un ensemble de cinq batteries
Arrangements de voix (5, 12) : Rose Normandin

Prise de son : Antoine Corriveau, Ghyslain Luc Lavigne, Nicolas Grou
Mixage : Ghyslain Luc Lavigne
Mastering : Marc Thériault, Le Lab Mastering

Enregistré à Montréal entre le 3 avril et le 13 novembre 2019 aux studios Van Horne et Dandurand, à Montréal.

Photo : Marc-Étienne Mongrain (LePetitRusse)
Stylisme : Mélanie Brisson
Design graphique : Antoine Corriveau & Mathilde Corbeil
Correction des textes : Sophie Marcotte

credits

released October 9, 2020

2020 Secret City Records Inc.

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Antoine Corriveau Montréal, Québec

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