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Coyote Records

Cette chose qui cognait au creux de sa poitrine sans vouloir s'arrêter

by Antoine Corriveau

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Tectonic Tont
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Tectonic Tont Cette chose qui cognait au creux de sa poitrine sans vouloir s'arrêter est un long titre évocateur mais c'est probablement l'album québécois de la décennie. Mon homonyme coiffé d'un chapeau signe un album riche, sombre mais plein d'espoir. Orchestral et dense avec une basse assumée et des textes splendides, Corriveau est au sommet de son art et mélange le rock atmosphérique karkwaen et la chanson à texte de superbe façon. Favorite track: Juste un peu.
Nina Soulard
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Nina Soulard J'adore cet album pour les ambiances profondes, les pièces sont longues, ça donne le temps de savourer chaque toune. Et j'adore ta voix, c'est comme un mantra qui nous rentre dans le corps et qui nous fait vibrer jusque dans nos émotions. C'est vraiment wow! Bravo! Favorite track: Juste un peu.
Keven Rousseau
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Keven Rousseau Antoine Corriveau est un de ces artistes qui nous offrent des diamants brutes à chaque projet réalisé. Le petit nouveau, "Cette chose qui cognait au creux de sa poitrine sans vouloir s'arrêter", ne fait pas exception. Un ensemble bien réussi qui surpasse même "Les Ombres Longues" (ce qui n'est pas peu dire). Chapeau! Favorite track: Constellations.
Simon Darveau
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Simon Darveau Meilleur album provenant du Québec en 2016 (ex-aequo avec le dernier des Pas d'casque!).

Des textes forts et évocatifs, des arrangements avec cordes et cuivres dramatiques et une qualité de travail studio rarement vu chez nous... Du bonbon!!
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1.
04:25
Je ne serai pas au rendez-vous L’endroit ne m’intéresse pas Une part de nous restera debout Et ne bougera pas, une part de moi En ligne longue et stressée Je suis fatigué, tellement fatigué C’est mon corps au complet C’est mon corps au complet qui va s’arrêter Assommé par le bruit des bêtes qui beuglent Défauts exposés sous les néons qui m’aveuglent Mais c’est que c’est une autre vie Qui commence ici Mais dites-moi Ces cimetières que vous fuyez Racontez-moi Toutes ces bombes qui ont sauté Je ne serai pas au rendez-vous L’endroit ne m’intéresse pas Une part de nous restera debout Et ne bougera pas, une part de moi Part vieille, usée et habituée de l’éducation Sous verre au musée Sous interdiction De la déplacer Ces poses qu’il faut prendre Ces choses qu’il faut tendres Trop de lignes, de couleurs, de sexes, de douleurs Et l’impossibilité de tout emboîter La chienne indomptée d’être compris à moitié Celle qu’on ne pourra jamais Serrer et caresser pour la faire taire Sans l’étouffer Mais dites-moi Ces cimetières que vous fuyez Racontez-moi Toutes ces bombes qui ont sauté
2.
Il y a des heures trop tendres Matins de route morne Que je sens comme des soirs D’une fatigue éternelle À voir le jour se lever Sur les contours clairs Des décors qu’on peut deviner Avant de se coucher Se révèlent le matin Comme ce que j’ai souhaité Révéler toute la nuit Et je n’ai pas dormi N’ai plus jamais dormi Et s’étirent dans les lits Les corps abattus Les désirs endormis Et les silences de plomb Qui ne sont pas étroits Mais chargés de lumière Et des idées perdues Ciels blancs de jours clairs Se révèlent le matin Comme ce que j’ai souhaité Révéler toute la nuit Et je n’ai pas dormi N’ai plus jamais dormi Et le long de la route La lumière du soleil Qui descend et qui filtre À travers les arbres Tu la vois toi aussi Tu le sens toi aussi C’est une vie sans fin Que cette vie finie Que cette vie finie
3.
Il y a une croix blanche haute de plusieurs mètres Qui se dresse au-dessus du désordre En pleine forme, d’une forme qui ne s’invente pas Avalé sur des heures par les charmes du calme plat Le charme funéraire Qui file à la vitesse de la lumière En fixant devant Je ne m’arrêterai pas La mort est vraiment, vraiment belle et charnue Ainsi vêtue Mais je sens sous ma base le poids Craquer les années perdues Et ramassées, qui dérapent Bien plus qu’elles ne passent Et le bruit aussi Les cris, la joie et le bourdon Lourd et long Lourd et long Il y a une croix blanche haute, très haute Qui se dresse au-dessus du désordre Et mes yeux ne se referment pas, je vois les gens autour qui tombent Que j’accroche en passant, que je démolis lentement Projectile dans la nuit Immaculé blanc Je vois le gâchis déjà Mais je ne m’arrêterai pas
4.
Tu entres dans la ville Alors que moi je file Vus d’en haut on croirait Que l’on se frôlait Et dans les lettres Que nous nous écrivons Dans les points de rendez-vous Que nous tentons Que nous tentons de rattacher L’un à l’autre par des lignes Tracées pour les dépasser; Des constellations J’entre dans la ville Alors que toi tu files Vus d’en haut on croirait Que l’on se frôlait Et dans les points d’arrivée Que nous évitons Points de départ ou de fuite Que nous tentons Que nous tentons de relier L’un à l’autre par des lignes Tracées pour les dépasser; Des constellations Et dans les horribles avions Que toi et moi nous prenons Chacun de notre côté Ces avions que nous détournons Et que nous tentons De faire entrer en collision L’un dans l’autre pour dépasser Les constellations
5.
04:29
Nous sommes deux animaux en cage Qui veulent se manger, s’entre-dévorer, se défaire la carcasse Dans un lieu commun qui ne pourra pas être fixé Un lieu qui ne pourra pas être nommé Au fond d’un trou Où tu n’allais plus Tu iras pour nous Parce que tu es perdue Et tu me demanderas, un jour tu me demanderas si ça marche comme ça Quand tu ravales tes mots à moitié nue, tu tournes ta langue cette fois à moitié là Sur combien et comment tu as déjà aimé cette envie de mourir Je te répondrai que j’ai déjà aimé cette envie de mourir avec toi Au fond d’un trou Où je n’allais plus J’irai pour nous Parce que je suis perdu Oh et le temps passera et après s’être défaits en grande beauté Nous nous demanderons pourquoi et nous irons voir encore plus bas S’il ne reste pas quelque chose à bouffer S’il ne reste pas quelque os à gruger Et tant qu’il y en aura Nous ne questionnerons plus jamais pourquoi Tant qu’il y en aura Nous ne questionnerons plus jamais pourquoi
6.
03:06
Si tu veux tout savoir J’ai eu la chienne de tes yeux J’ai vraiment cru au risque d’y tomber Et ne plus m’en relever Tout de suite, tellement trop vite J’ai assemblé pour toi Un chapelet de mots polis Que j’ai cloué sur la croix Quand je suis repartie Pour faire taire la violence Qui s’était annoncée Entre nos deux corps Un peu trop pressés Tellement impatients De s’avaler De peur de se voir Et de se regarder Mais ils criaient pour le doux La douceur Que je sentais en toi Que je sentais entre nous Mais comme les perles Entre mes doigts Le vent filtre Entre les gens J’ai décidé de partir Pour ne pas t’entendre dire Les phrases vides Qui tourneraient dans la chambre Trop longtemps encore Après mon départ Tout ce que tu désirais Était clair dans tes yeux noirs Et c’était trop beau Et trop gros pour y croire Comme toi et moi Ensemble dans une chambre Pressés contre les murs Et contre la structure Du lit de fer qui pleurera avec toi Quand je ne serai plus là Tes épaules trembleront Oh et ce sera long Mais tu accepteras ton sort Tu n’es pas condamné à mort Tu as du temps devant toi Tu ne le perdras pas avec moi Je suis une comète bleue Qui traverse ta tête folle De chien qui court après sa queue Et tombera raide mort au sol S’il continue de chasser Et de pister pour repérer Tout ce qui ne courra jamais Dans sa direction Je suis parfaite pour toi je sais Mon cœur est en lambeaux usés Et j’ai besoin d’être sauvée Je suis parfaite, parfaite, je sais Oh idéale comme la dépouille Que tu pourchasses depuis longtemps Celle que tu voulais dans ton lit Et dont tu voulais les enfants « Ils seront magnifiques Ils seront des monuments Nous les exposerons au mur Nous les exposerons en grand Dans nos cimetières désertés Et nous ferons payer les gens Quand toutes ces bombes qui ont sauté Nous auront laissés vivants » Et dis-moi penses-tu que tout ça En aura valu la peine En aura valu les veines Tranchées, te ranger sur le côté et réviser La ligne droite tracée Vaguement sur l’accotement Si tu peux la marcher Jusqu’à son extrémité Tu croiseras tous les avions Qui ont eu des accidents À survoler les pentes Et les batailles terminées Les coups de poing au ventre Et tout le temps gaspillé Si tu veux tout savoir Tes épaules recommenceront Elles trembleront, elles trembleront Ce sera long, ce sera long Tes épaules recommenceront Elles trembleront, elles trembleront Ce sera long, ce sera long
7.
07:26
Il avait seulement voulu calmer Cette chose qui cognait Au creux de sa poitrine Sans vouloir s’arrêter C’était un supplice il disait De dormir juste à côté De cette fille qui tombait Et tombait sans arrêt Et quand elle se relevait Quand elle se retournait Avec cette façon bien à elle Façon un peu trop belle Il s’était mis à paniquer Il s’était enfermé Dans le cabinet Avait pris des cachets Pour la tête, la migraine Même si il savait Trop bien que la douleur Ne venait pas de là Même si il savait Qu’elle venait d’ailleurs Il pourrait peut-être L’engourdir Juste un peu, juste un peu Il pensait, ça suffirait Juste un peu, juste un peu Il pensait, il se trompait Il avait mis la lumière Et s’était observé Et tout envisagé Pour se la calmer Mais ce n’était pas Aussi simple que ça N’osant imaginer Avoir à justifier Il savait bien que l’enflure Venait d’ailleurs Savait que la blessure Était en profondeur Même si il savait Qu’elle venait d’ailleurs Il pourrait peut-être L’engourdir Juste un peu, juste un peu Il pensait, ça suffirait Juste un peu, juste un peu Il pensait, il se trompait Après des minutes ou des heures Il ne pouvait dire Il s’était fait une tête On l’avait laissé refroidir Et dans la glace Il avait vu son reflet Juste avant de sortir Du cabinet Son corps nu dans la lumière Qui frappait à la vitre Qui perçait déjà Rideaux ou pas Il s’était dirigé Vers le plus lourd oreiller Susceptible d’étouffer Le bruit qu’elle ferait En réalisant sans comprendre Sans jamais savoir Qu’elle mourrait par amour Mais au dernier moment Il se ravisa S’empara des rideaux En la laissant dormir Il les découpa Et les noua l’un à l’autre Et l’histoire ne dit pas S’il avait seulement voulu En ouvrant la fenêtre Se sauver dans la nuit Ou finir étranglé Pour ne pas réveiller La belle femme d’à côté Juste un peu, juste un peu Il pensait, ça suffirait Juste un peu, juste un peu Il pensait, il se trompait Juste un peu, juste un peu Il pensait, ça suffirait Juste un peu, juste un peu Il pensait, il se trompait
8.
Je presse le pas, je marcherais Encore plus vite si je pouvais Je vous vois, je vous entends Je vous vois, vous aussi avez peur de moi Et je croise vos visages Les uns après les autres Avec leurs histoires Belles et moins belles Je vois toute la laideur du monde Dans le regard des filles Qui demandent à se vendre À n’importe qui Dans le sourire des hommes Qui les offrent Et celui de ceux qui les achètent Oh ceux qui les achètent Dans les toits de tôle Et les visages ridés Dans la pierre concassée Et les petites filles Au regard innocent Pour encore combien de temps Dans la pierre concassée Et les petites filles concassées Et je tombe à l’arrière D’une voiture parfaite Flamboyante couleur Qui déchire la nuit Et au loin j’entendrai Une rumeur sourde Qui dure toute la nuit Depuis la nuit des temps La musique La plus joyeuse au monde La musique La plus joyeuse au monde Danse sans t’arrêter Avec la mort en sueur Qui te regarde dans les yeux Et te sourit à pleines dents Pour que tu la côtoies Sans jamais trop la regarder La mort te fera danser Garde la tête baissée Concentre-toi sur tes pieds
9.
Les hydravions qui décollent de l’eau Qui s’envolent toujours deux par deux Se tiennent en tout temps jamais très loin À égale distance l’un de l’autre L’un des deux veut toujours trop Un peu plus près, un peu plus haut C’est celui pour qui le coup sera fatal Celui pour qui la fin sera normale Les hydravions qui s’écrasent sous l’eau Qui se fracassent toujours deux par deux Se tiennent en tout temps jamais très loin À égale distance l’un de l’autre Ne font aucun bruit à la surface Les hydravions qui s’écrasent sous l’eau Sont les carcasses des amours de trop Qui se toucheraient sans jamais couler Couleront sans jamais se toucher
10.
Il est déjà trop tard Tout le monde est déjà mort Tout a fermé ses portes, tout sauf les trous à rats Où je vais m’en aller pour descendre encore plus bas Aller sentir la sueur des autres Aller vomir ma peur de l’autre Où je peux sans être regardé Descendre encore plus bas Et je regarde sans toucher Les longs murs sales et pleins de sang Et pleins de traces de doigts souillés Par la monnaie crasseuse Les cernes des têtes posées d’une cloison à l’autre Où je collerai l’oreille sur les murs pleins de sel Je vais vous écouter baiser Je vais vous supplier : « Laissez-moi vous regarder » Et j’ai rempli mon corps Jusqu’à ras bord Je suis un vase précieux et rare Où déposer les fleurs J’essuie mes doigts sur le pantalon de la mort Tout a fermé ses portes, il est déjà trop tard Et je vais m’en aller Pour descendre encore plus bas

credits

released October 21, 2016

Textes et musique : Antoine Corriveau
Excepté « Parfaite » musique de Marianne Houle, « Les hydravions de trop » et « Musique pour la danse » : musique d'Antoine Corriveau et Marianne Houle.

Réalisation : Nicolas Grou

Arrangements : Antoine Corriveau, Marianne Houle, Nicolas Grou, Rose Normandin et Stéphane Bergeron
Arrangements de cordes : Marianne Houle
Arrangements de cuivres : Rose Normandin

Prise de son : Nicolas Grou
Mixage : Ghyslain Luc Lavigne
Mastering : Marc Thériault, Le Lab Mastering

Enregistré à Montréal entre décembre 2015 et juillet 2016 aux studios Grantham, Dandurand et 110. Puis à la maison ronde, à Sutton.

Photos : Marc-Étienne Mongrain (LePetitRusse)
Stylisme : Mélanie Brisson
Correction des textes : Sophie Marcotte

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